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vendredi 11 mai 2007, 21h53
CONAKRY (Reuters) - Six personnes ont été tuées vendredi en Guinée où des soldats réclamant une revalorisation de leur solde et le renvoi de leurs supérieurs ont défilé en tirant des coups de feu en l'air dans la capitale, Conakry, et dans d'autres villes du pays. D'après le gouvernement, une personne a été tuée à Conakry, trois dans la ville minière de Kindia et deux à Géckédou, dans le sud-est, près de la frontière du Liberia. A Conakry, des passants pris de panique se sont enfuis, des magasins et des banques ont baissé leur rideau, travailleurs et automobilistes sont rapidement rentrés chez eux tandis que les soldats gagnaient à pied un camp du centre de la ville côtière. Le calme est revenu après que le Premier ministre Lansana Kouyaté eut demandé aux protestataires en uniforme de regagner leur caserne en leur promettant d'examiner leurs doléances. Des incidents analogues s'étaient produits la semaine dernière dans plusieurs garnisons du pays, premier producteur mondial de bauxite. Ces troubles viennent ébranler l'autorité du nouveau gouvernement d'union dirigé par Kouyaté depuis mars. Le gouvernement s'efforce d'imposer son autorité dans un pays qu'ont secoué en janvier et février de violentes grèves déclenchées par les syndicats contre le président Lansana Conté. Durant leur manifestation, les soldats, dont certains étaient armés de lance-grenades, ont tiré une série de coups de feu en l'air. Les forces armées guinéennes ont reçu en mars une forte augmentation de leurs soldes, peu après avoir contribué à mettre fin aux grèves et aux émeutes dirigées contre le président. Au moins 137 personnes, en majorité des manifestants atteints par les tirs de la police et de l'armée, avaient péri dans ces émeutes du début de l'année. Dans un communiqué publié vendredi, le gouvernement a dit avoir déjà accédé aux demandes de relèvement de soldes et de pensions de retraites militaires. Ces augmentations coûtent 3,49 millions de dollars supplémentaires par mois au budget de l'Etat, souligne-t-il. Un diplomate étranger a estimé que les militaires frondeurs ne cherchaient pas à opérer un coup de force mais qu'ils s'estiment lésés financièrement depuis une décennie. Le président Conté, septuagénaire et malade, s'appuie sur les forces armées depuis son arrivée à la tête du pays par un putsch en 1984. Mais en 1996, des mutins réclamant une amélioration de leur solde n'avaient pas hésité à bombarder le palais présidentiel à l'arme lourde.
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